Colloque à Brest, Odile Pimet - janvier 2006

Quand on évoque les publics en difficulté, on suppose qu'ils sont également en difficulté avec l'écrit. Qu'en est-il ?

Bien malin qui répondra à cette question, autrement que par une multitude de raisons individuelles. Mais on peut néanmoins penser que, si celles-ci sont propres à chacun, on va retrouver de grands thèmes comme :
  • L’importance d’un acte de création pour une personne et ses bénéfices
  • Le besoin d’expression personnelle, l’envie de dire que chacun porte en soi et qui ne trouve pas forcément à s’exprimer par la parole
  • Le besoin d’être lu ou entendu, en tout cas reconnu dans sa singularité
  • La manipulation de la langue et le plaisir que l’on peut retirer à relever certains défis
  • Le souci de garder une trace avec l’autobiographie…

Mais j’imagine que, quand j’aurai exposé toutes les raisons auxquelles j’ai pensé, chacun de ceux de vous qui écrit pourra estimer, à juste titre, que je n’ai pas nommé les raisons les plus importantes…, celles qui sont les siennes.

 

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L'atelier d'écriture à la croisée des échanges sociaux de l'ouverture culturelle et de la formation
Article paru dans Transmissio Initiales :  (Odile Pimet, 1998)

Au questionnement initial, entre social et culturel, je rajouterais un troisième enjeu : celui de la pédagogie, de la formation. D'abord parce que c'est mon secteur d'activité principal, celui de ma plus grande expérience. Ensuite, parce que les ateliers d'écriture y sont à la fois présents, répandus, utilisés, préconisés et dénaturés....Mais qu'est-ce que la formation ? La formation continue ? C'est ce qui permet de progresser, mais pas seulement par stages, sessions, séminaires ; la formation est constituée - au sens des Américains du Nord et des Québecquois - par les compétences que l'on acquiert dans la vie, issues des expériences, au travers des choses qu'on fait. Et l'atelier d'écriture est bien un moyen de faire de l'écrit, ou comme l'on dit aujourd'hui dans la formation, de produire de l'écrit. Pour en revenir au débat entre social, culturel et formation, si cette question se pose de la place de l'atelier d'écriture, de son usage, de son objet, c'est que l'équilibre est délicat, et aussi peut-être variable selon chacun d'entre nous. On peut envisager cet équilibre : au moment de la définition des objectifs, dans le déroulement d'un atelier, selon les caractéristiques des animateurs.

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Article paru dans Transmissio :  (Odile Pimet, 1996)

Les ateliers d'écriture, quels ateliers ?

Depuis une dizaine d'années, on annonce de plus en plus souvent en formation la présence d'ateliers d'écriture. Pour côtoyer et suivre des formateurs en formation sur ces pratiques, j'en suis amenée à me demander aujourd'hui : pourquoi utiliser des ateliers d'écriture en formation ? Quelles fonctions remplissent-ils ? De quoi parle-t-on et surtout que font les formateurs ?

La première motivation pour la mise en place d'ateliers d'écriture, qui a certainement été longtemps dominante et l'est peut-être encore aujourd'hui, c'est le désir de nombreux formateurs en expression - communication de renouveler leurs pratiques par lassitude d'enseigner exclusivement la grammaire et les écrits utilitaires. Intervenant dans des stages d'insertion, avec des publics difficiles, souvent jeunes et rejetant les apprentissages classiques, ils ont voulu rapprocher l'écrit de la personne, la concerner, l'impliquer.

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Article paru dans Education Nouvelle :  (Odile Pimet, 1994)

A première vue, tout le monde sait écrire, ou presque ... Ecrire, oui, mais s'expliquer avec clarté, voire avec élégance et même - pourquoi pas ? avec humour, voilà une ambition partagée par beaucoup d'entre nous, à titre professionnel mais aussi à titre personnel ...Les ateliers d'écriture proposent cette démarche, entre intérêt et plaisir, à travailler son expression personnelle. En cela, ils se différencient de l'enseignement scolaire traditionnel où l'écriture est apprise en insistant sur les contraintes de style et les modes d'expression socialement convenus : les règles de style, d'orthographe, de grammaire doivent être respectées, le thème donné ne doit pas être débordé ; dans l'atelier d'écriture, on va tenter d'inverser la démarche : les propositions d'écriture données ont pour but de stimuler les participants (on peut déborder, détourner), chacun cherche sa voix d'écriture (tous les styles et effets sont permis, encouragés et d'en changer aussi !). On écrit, donc, seul le plus souvent et des échanges sont proposés par l'animateur : réactions sur les textes produits, propositions de retravail ... L'animateur n'est pas le seul à lire la production écrite : le groupe tout entier est destinataire, est lecteur.

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